Nous vivons la fin d'un cycle séculaire : celui de la théorie spéculative de l'art. Désormais on ne croit plus que l'art ouvrirait sur des vérités transcendantes inaccessibles aux activités intellectuelles profanes. La crise des avant-gardes a eu pour effet, notamment, de redonner légitimité à l'attitude esthétique, au plaisir que peuvent donner des oeuvres, à l'appréciation subjective que l'on porte sur celles-ci. Mais ce retour prend des allures de restauration. Or, l'esthétique elle aussi a ses mythes. Le moindre n'étant pas que la nature esthétique serait une propriété des oeuvres, alors qu'elle est une dimension de nos conduites à l'égard d'oeuvres tout autant que d'événements ou d'objets sans qualité. Par là, rien n'est plus faux que l'affirmation, extrapolée à partir de Kant, que notre relation à l'art nous transporterait dans un état de vision transparente et de compréhension intuitive universellement partageables. Voici, grâce à Jean-Marie Schaeffer, l'esthétique remise d'aplo
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CollectionNRF Essais
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché