Monographie d'architecte ou essai de biographie collective et générationnelle ? La vie de Jean-Arnaud Raymond (1738-1811), architecte du Roi et des États de Languedoc, dont la double carrière officielle à Paris et en province intrigue par sa rareté, répond largement à ce nouvel enjeu épistémologique. Pourtant, sa trajectoire individuelle ne saurait se comprendre sans les portraits croisés de sa génération, née dans les années 1740 et de la société bousculée par la Révolution, réinventée sous l'Empire ; ils en sont même l'ancrage essentiel, à rebours de l'ordre traditionnel de la monographie. Au-delà d'une histoire traversée par des tensions multiples et des pratiques partagées au sein de l'élite architecturale, que devient le statut d'une profession qui doit défendre ses prérogatives et convaincre de son expertise à un moment charnière de l'histoire de l'architecture en France ? À la suite des premiers Piranésiens et jusqu'au régime napoléonien, Raymond et ses brillants confrères reven