Alors que la critique bloyenne se renouvelle, les articles de Léon Bloy souffrent encore d’une réception partielle et partiale, (Bloy anarchiste, Bloy réactionnaire ?), à moins que tout sens ne leur soit refusé (Bloy poète du cri, scatologue, fou furieux ?). L’ensemble de ces textes parus à L’Univers, au Chat Noir, ou encore au Mercure de France, de 1874 à 1917, mérite une approche plus sereine.
Bloy, qui s’est voulu polémiste militant, se fait pamphlétaire, et développe une parole de type prophétique, véritable acte de parole, en lequel douleur et révolte s’exaspèrent indéfiniment. Une écriture en découle, privilégiant l’hyperbole, la formule et l’image, dans un appel à l’Apocalypse. Hostile aux valeurs de la IIIe République comme au Ralliement, Bloy donne au rejet global de son époque un infléchissement mythique, très loin de tout engagement partisan. A rebours du reportage codifié, le fait divers devient chez lui objet d’exégèse et la critique littéraire dépasse la simple appréciati