Voyager en emportant ses racines, quel beau rêve… Quel cauchemar. On voudrait devenir un autre, mais les racines sont là, elles nous suivent, leur terreau nous colle aux talons: rêves, souvenirs, images des absents, et jusqu’à l’avenir lui-même. Un seul besoin: la lumière. Assis sur mon petit bout de sol natal, je suis une forme qui fluctue.Ce sont les fluctuations de cette entité parfois floue que j’ai essayé de fixer, sans toujours m’en rendre compte, et parce qu’il faut bien écrire, quand on a fait la gaffe de se déclarer d’entrée de jeu écrivain. Comme une plante en pot, j’ai exposé mes feuilles à un soleil de douze mois. Les textes réunis ici se promènent entre la Gaspésie et la Mauricie, lieux dessouvenirs d’enfance et de la vérité première, et entre Montréal et Paris, là où, parfois brutalement, j’ai été éjecté dans l’univers. Si mon identité, en tant que représentation d’une créature distincte, existe, elle ne se définit jamais mieux que par ma relation avec mon chat, ne se tro