Pour rendre compte d'elle-même, la civilisation chinoise a fait usage d'une langue écrite fortement codifiée et située très à l'écart de la langue naturelle. Le sujet, pris dans un tel langage, ne « se » dit pas, mais se trouve restitué selon un processus qui le retransforme en fonction de l'idéal dont ce code est porteur. A côté de cette langue, « classique », une deuxième langue, « vulgaire », a fini par prendre naissance, qui a visé, elle, à reproduire le langage parlé. Pendant une longue période de son histoire - plus d'un millénaire - la Chine a ainsi connu, pour ce qui fut de son expression écrite, une situation de clivage unique, clivage dont l'une des deux facettes, celle qui était située du côté de la reproduction de l'oralité, s'est trouvée réservée à la consignation des récits romanesques et du théâtre. La tension entre ces deux modes jette indirectement une lumière sur les visées inconscientes de ce retravail de la réalité du sujet dont est porteuse l'entreprise idéographiq
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