Poton ! (Bu dong, en chinois : « Je ne comprends pas ! »). Telle fut la réponse donnée, début 1795, par l'ambassadeur néerlandais de la Compagnie des Indes orientales, à l'empereur Qianlong, qui le recevait en audience à l'occasion de la soixantième année de son règne. Mais l'incompréhension ne concernait pas que la connaissance du chinois. Comme tous ceux qui l'avaient précédé – diplomates, envoyés par les souverains des nations occidentales, marchands engagés sur les grandes voies terrestres et maritimes de l'Asie – venus solliciter, qui l'autorisation de commercer, qui de nouer des relations diplomatiques permanentes, le représentant de la République des Provinces-Unies affrontait la barrière culturelle, édifiée depuis des siècles par l'Empire chinois face aux étrangers venus de l'au-delà du « Grand Océan de l'Ouest ».
C'est l'histoire des incompréhensions, des malentendus et des ambiguïtés rythmant la succession des tentatives d'approche du Dragon qui est évoquée ici. D