Dès ses premières conceptualisations, aux XVIIIe et XVIIIe siècles, l'idée de progrès implique l'abolition des limites jusque-là imposées au savoir et au pouvoir de l'homme : l'humanité est indéfiniment perfectible, l'avenir ouvert et constellé de promesses. Maître de la nature, sujet souverain, l'homme dispose du réel qu'il imagine malléable et manipulable à l'infini. Pour la première fois, l'espérance est donnée à l'homme par l'homme. C'est au cours du XXe siècle que les croyances progressistes vont être ébranlées par la découverte d'une barbarie scientificisée et technicisée. La crise environnementale, le constat des "dégâts du progrès" renforceront à leur tour la vision catastrophiste d'un progrès "meurtrier". La puissance dangereuse mais bénéfique de Prométhée s'est transformée en pouvoir de destruction. La mise en cause radicale du progrès est ainsi devenue, depuis quelques décennies, un lieu commun du discours des élites intellectuelles et des mouvements contestataires. Le camp
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