Lorsqu'il arrive, en août 1938, à Fribourg-en-Brisgau, Leo Van Breda, jeune père franciscain et étudiant en philosophie à l'Université de Louvain, est loin de se douter de ce qui l'attend. S'il se rend dans l'Allemagne nazie, c'est qu'il veut consulter pour son travail de thèse des inédits de Husserl, philosophe d'origine juive, mort quelques mois plus tôt. Mais la situation est difficile. La veuve de Husserl vit à l'écart, isolée par les mesures antisémites du régime, nous sommes à la veille de la crise de Munich, tout est imprégné par un climat de paranoïa et de terreur.
Lorsqu'il parvient enfin à rencontrer Malvina Husserl, il se rend compte de la masse énorme des écrits que son mari a laissée. Plus de quarante mille pages de manuscrits. Alors, sous le coup