La littérature de l'Occident médiéval est un lieu privilégié de l'expression du mythe. Les sociétés de cette époque se signalent par une évidente et fertile propension à élaborer un imaginaire qui réponde à leurs attentes et à leurs frustrations. En milieu chrétien, le mythe est avant tout religieux et historique. Nombre de ses aspects qui relèvent du mystère et du dogme, même s'ils sont susceptibles d'être objectivement décortiqués et analysés, forment toujours la matière d'une croyance; de ce fait, une tentative d'interprétation rationnelle s'avère nécessairement réductrice, dans la mesure où elle se révèle inapte à rendre compte d'une spiritualité qui dépasse le niveau des éléments mis en jeu. Toutefois, en marge de la doctrine officielle, se sont développés jusqu'à nos jours, des schémas légendaires clos qui forment des prolongements abusifs du message chrétien ou qui sont des systèmes de récupération de cultes païens. Comme telles, ces traditions, suspectes à l'autorité religieuse