Ni l'angoisse, ni la souffrance, ni la mort n'autorisent à faire du trépas le lieu d'un passage. Au contraire, le croyant comme tout homme en supporte aussi le poids insurmontable. Et le Christ, de Gethsémani au Golgotha, en subit identiquement l'indépassable épreuve. Traversant ainsi de bout en bout – en guise de Passeur – le détroit de notre propre finitude, il en remet alors la charge aux mains du Père, quand s'ouvre en lui la blessure charnelle de l'homme vulnérable. En dialogue ici avec la philosophie contemporaine (Husserl, Heidegger, Sartre, Camus, Lévinas...), l'expérience christique de Gethsémani rappelle ainsi – en théologie cette fois et avec le Christ comme emblème de l'homme – cette évidence triviale, et pourtant si oubliée quand il s'agit du fils de l'homme, selon laquelle « dès qu'un homme naît [à Bethléem ?], il est assez vieux pour mourir [sur le Golgotha ?] » (Heidegger). Qu'il soit cependant faux, ou à tout le moins insuffisant, de tenir avec Heid
Date de publication19 janvier 1999
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché