Lorsqu’en 2003 Jean Faucheur et Thomas Schmitt lancent le mur Oberkampf, l’idée semble saugrenue. Pas tant parce qu’elle concède un panneau d’affichage aux street artistes, mais parce qu’elle circonscrit une contre-culture vivante, incontrôlable, merveilleusement éprise de liberté et d’espace, pour la ramasser sur quelques mètres carrés. Seize ans plus tard, le concept « Modulable – Urbain – Réactif » a fait taire les sceptiques. Il s’exporte dans la France entière et gagne l’étranger. Les artistes se sont-ils assagis au point d’accepter de couler leurs œuvres sur des confettis ? Les maires ont-ils gagné un double pari : maîtriser la fringale vandale en réduisant leurs frais d’aérogommage ? Plus insidieusement, s’agissait-il de vouloir baliser les champs d’expression