Au XIXe siècle, le pape Léon XIII remet particulièrement en valeur l’idée déjà ancienne du « mariage naturel ». Adam et Ève sont placés au centre de cette théologie : le mariage a été voulu et institué par Dieu à l’origine. Tout mariage – chrétien ou non – est une réalité sacrée en lien avec Dieu. Ancré dans l’ordre de la Création, il appartient à sa bonté et est une figure de l’Incarnation du Verbe, et donc de l’union entre Dieu et l’humanité. L’amour et l’union entre deux époux n’est pas sans rapport avec Dieu.
Cette sacralité apparaît dès lors comme une idée centrale qui structure même la doctrine catholique sur le mariage, mais elle disparaît involontairement de l’enseignement de Vatican II lors de quelques corrections de dernière minute. Jean-Paul II tentera de la remettre en valeur dans un discours en 2003.
La présente recherche d’histoire doctrinale analyse la manière dont le Magistère a utilisé la notion de sacré pour parler du mariage. Le sujet paraîtr