Toute l'oeuvre du Diable consiste à tromper, tenter, blesser l'homme pour qu'il se perde. Si l'enjeu final est manifeste, il est cependant complexe de déterminer et classifier la nature de son pouvoir, surtout lorsqu'on cherche à rendre compte de la frontière entre la tentation, action ordinaire du Démon, et son action extraordinaire - dont la possession est la plus connue. À cette frontière se trouve ce qui est souvent dénommé un « lien ». Quelle réalité ce terme recouvre-t-il ? Comment rendre compte théologiquement de cette métaphore ?
À cette fin, en s'appuyant sur saint Thomas d'Aquin et la psychologie cognitive contemporaine, cette étude expose comment le Démon exploite les émotions et les vulnérabilités mentales (biais cognitifs, schémas dysfonctionnels, etc.) pour influencer la cognition.
Ainsi, à la notion de « lien » on substituera volontiers, pour plus de clarté, celle d'emprise cognitive. Ce concept d'emprise permet de définir la nature de cette acti