Il est rare qu'un livre change la face des choses. Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir l'a fait. C'était en 1949, et son ferment continue d'agir. On ne peut créer un tel bouleversement sans susciter le scandale. Qu'ils soient de droite ou de gauche, libéraux progressistes ou communistes orthodoxes, athées ou religieux, qu'ils s'appellent Camus, Mauriac ou Nimier, les adversaires du Deuxième Sexe réagirent d'une seule voix au moment de sa publication. La condamnation fut confirmée par le Vatican, qui mit le livre à l'Index. Par-delà ces réactions immédiates, quel est le véritable objet du scandale ? Beauvoir sape les fondements d'un ordre ancestral, en contestant la domination dans laquelle les femmes sont maintenues par les hommes, que ce soit par le mariage ou par la maternité. Elle bat en brèche l'existence d'un instinct maternel, de même qu'elle aborde frontalement des thèmes alors tabous, comme la sexualité féminine. Elle anéantit en outre l'idée d'un Éternel féminin, qui servit