Dès sa parution en 1788, La Suite des Mille et Une Nuits de Cazotte a connu un grand succès en Europe (multiples rééditions, traductions en anglais, en allemand, en russe) qui s’est progressivement tari au cours du XIXe siècle, à mesure que d’autres éditions de contes arabes détournaient l’attention d’une adaptation, certes d’une fidélité relative, mais d’un intérêt et d’une qualité réels. Ce recueil méritait une édition complète et critique qui, non seulement mette les textes en valeur, mais souligne aussi la complexité et l’ampleur des questions qu’ils soulèvent. Une partie des contes qu’il contient est en effet adaptée de schémas narratifs authentiquement orientaux reconnus par les spécialistes comme appartenant au fonds des «Nuits » et répertoriés comme tels. Ils offrent au lecteur une image qui vient enrichir la vision de la pratique conteuse orientale. Mais une autre partie a été imaginée ou adaptée d’autres sources par Cazotte, auteur doté d’une longue et riche expérience dans l