Succédant à la science d'Aristote, de Ptolémée et de Galien, la science que nous appelons classique s'est déployée en Occident pendant plus de trois siècles, accompagnée, dans sa genèse, par la constitution d'une nouvelle raison. Le projet mécaniste et la mathématisation gouvernent désormais l'appréhension conjointe de la nature céleste et terrestre. Ils sont servis par de nouvelles méthodes centrées sur le couple ratio-experientia, le calcul et l'expérience : dès lors, calculer, mesurer, observer, déduire sont pratiqués de concert. Vouée à une application universelle, la science classique a suscité dans ses débuts des recherches peu conformes, nous semble-t-il aujourd'hui, à la mise en oeuvre d'une raison véritablement scientifique. Quel rôle l'expérience alchimique a-t-elle joué dans la méthode expérimentale ? Dans quelle mesure les spéculations mystiques sur les nombres ont-elles nourri la mathématisation de l'univers ? Comment expliquer que Kepler ait dressé des horoscopes et que V