Pendant le long prologue à l’indépendance américaine (1765-1776), les colons des Treize Colonies ont cherché à dessiner les contours d’une identité de Britanniques d’Amérique qu’ils ont définie comme le contraire d’une identité écossaise réinventée, à la fois jacobite, rebelle et ennemie des « libertés anglaises ».
De leur côté, les Écossais forgeaient une identité britannico-écossaise reposant sur la loyauté aux Hanovre, le culte de la constitution et l’implication dans l’empire, tout en maintenant la spécificité de leur petite nation. L’opposition à la Révolution américaine est venue renforcer leur attachement à la Grande-Bretagne, les pamphlétaires écossais s’affirmant comme l’antithèse des rebelles américains.
Ces identités britanniques, porteuses de visions concurrentes de l’empire, ont été au cœur de la crise impériale qui a transformé le monde atlantique dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.
Florence Petroff analyse les mécanismes de construction de ces identités hybrides
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