« Nous sommes sortis et nous avons marché tête baissée. Ils étaient sales et armés jusqu’aux dents. Ils nous parlaient avec brutalité. La propagande avait couru de colline en colline : nous n’étions déjà plus des êtres humains. Je savais le sort qui nous attendait, car ma belle-mère avait été noyée la veille, les mains préalablement coupées et sanglées avec une corde autour de sa tête. »
Ainsi parle Godelieve Mukasarasi. Voix basse, images nettes, regard lointain : c’est l’histoire tristement banale d’une femme qui a été violée pendant le génocide rwandais. Cent jours de ténèbres qui lui ont fait tout perdre : son mari, sa fille, sa maison, sa dignité. Mais jamais sa foi en l’humanité. C’e