Lorsqu'il est question d'encyclopédisme au Moyen-Âge, c'est en premier lieu au XIIIe siècle que l'on songe, à cette période où les grandes encyclopédies, comme celle de Vincent de Beauvais ou de Barthélemi l'Anglais virent le jour. Pour le XIIe siècle, on pense bien plus au monde des Ecoles, avec ses maîtres commentant Platon, Virgile, les auteurs de l'antiquité tardive, puis découvrant les traductions arabo-latines. Le XIIe siècle, du point de vue de l'histoire des savoirs, pourrait alors se caractériser par un élan vers la découverte de la nature, nature livresque, appuyée sur les textes des auteurs anciens, mais portée par les Modernes, les Arabes en particulier.
On peut se demander si un tel élan peut aussi favoriser l'émergence d'une écriture encyclopédique. Si tel est le cas, se pose alors la question de l'identification, de la nature de textes pouvant être qualifiés d'encyclopédies ; quelle place occupent-ils dans une tradition qui remonte, pour le Moyen-Âge, à Isidore de Sévill