Qui m'aime me suive, dit à peu de chose près tout romancier. Mais avant de lui emboîter le pas, on lui demande de s'expliquer un peu sur l'itinéraire. Il faut donc y passer. Voici :
Mettons qu'il était une fois un gosse comme les autres auquel on racontait pour l'endormir des histoires commençant par il était une fois ; mettons qu'il ait appris à lire dans un vieil abécédaire illustré d'animaux dignes des espèces rescapées de l'arche de Noé. Qu'à partir de là, on vous entraîne dans un conte d'enfants pour grandes personnes, du purgatoire d'un cercle de famille jusqu'à l'enfer climatisé de notre bonne vieille actualité. Qu'à la fin, le personnage réduit à l'état de sous-homme se laisse mourir derrière les barreaux d'une cage pour bêtes fauves, dans un simulacre de paradis retrouvé. Et qu'entre-temps, il ait été question de la découverte d'une mine d'or par des colonnes de fourmis dans une décharge publique, d'un musée d'oiseaux empaillés et de momies égyptiennes visité par des co