Et si la modernité avait non pas mis fin à la question de Dieu, mais préparé
son retour sous un autre nom ?
Plutôt que de représenter l’épuisement de la nomination de Dieu, la modernité
pourrait être l’attente de son avènement autrement. Dans cette perspective, le
désenchantement du monde n’est plus celui de Dieu, et la théologie politique ouvre
une nouvelle manière de penser le sujet : non point comme soumis à une hétéronomie,
mais appelé par celui qui ne se mesure pas. Conséquemment, la modernité ne
devrait pas définir le sujet par la seule autonomie, mais par la capacité d’initiative
grâce à laquelle les hommes forgent leur histoire individuelle et collective.
Si les religions politiques du xxe siècle ont confondu destin temporel et aspiration
à un royaume qui n’est pas de ce monde, et si les religions civiles des xviie
et xviiie siècles ont cherché une sociabilité comm