Quand Paul Claudel, en 1955, dénonce la "messe à l'envers", il fustige par anticipation l'une des réformes liturgiques majeures qui vont se faire jour après Vatican II : à côté de l'abandon du latin et du rite tridentin, le déplacement des autels dans le choeur des églises, pour la célébration "face au peuple". Quand Benoît XVI, en 2007, publie un motu proprio (lettre émise par le pape de sa propre initiative) libéralisant la messe préconciliaire, une partie de l'opinion et de l'Eglise s'inquiète : il s'agirait d'une conception traditionaliste et intransigeante de la liturgie et d'un abandon de l'ouverture prônée par Vatican II ; les enjeux sont en réalité beaucoup plus complexes. Géographe de formation, Marc Levatois s'est intéressé à l'espace liturgique. En étudiant la con fi - guration des églises avant et après Vatican II, il montre que les réformes entreprises à l'intérieur des lieux de culte ont, dans leur ensemble, consciemment ou non, tendu vers une abolition de la séparation e