L'oblique. Le dévié. Le détour. La ruse. Ce sont des mots de ce genre qu'emploie Georges Perec dès qu'il parle de sa mémoire ou de ses écrits autobiographiques. Impossible pour lui de prendre la grande route des récits classiques, de commencer par un rassurant "Je suis né". Mais impossible aussi de ne pas prendre la route, tout de même, vers l'origine. Ce sera par de multiples chemins de traverses. Tout un réseau, un labyrinthe d'autobiographies "déplacées" : fantasmes et souvenirs d'enfance, rêves, quêtes généalogiques, exercices de mémoire, inventaires du quotidien, description de lieux, exploration de la mémoire collective, multipliant les "tentatives de description" de l'indicible et du "presque oublié". En 1969 il fait remarquer à Maurice Nadeau que, dans le grand ensemble autobiographique qu'il envisage, "chaque projet particulier n'entretient avec ce qu'on nomme ordinairement autobiographie que des rapports lointains". Dix ans plus tard il constate qu'effectivement il a réussi à
Date de publication01 février 1991
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché