Exposition à la Bibliothèque nationale de France (27 mars - 13 juillet 2013).
"Je ne ferai, dans ce film, aucune concession au public." C'est en ces termes que Guy Debord ouvre son film I«n Girum imus nocte et consumimur igni» en 1978. La formule donne le ton de toutes ses oeuvres cinématographiques, où se mêlent regard rétrospectif sur son parcours de révolutionnaire et critique radicale de la Société du spectacle. À rebours de tout cinéma, Debord élabore ainsi, de 1952 à 1978, une oeuvre filmée unique en son genre, exigeante, corrosive.
Le détournement, qui consiste à réemployer dans un contexte nouveau une production culturelle préexistante, permet à Debord de porter la contradiction au coeur même de la civilisation capitaliste : par l'image, il en exhibe la vérité cachée derrière ses mensonges. Ses films sont ainsi composés de nombreux documents visuels de nature et d'origine diverses : extraits de films, publicités, actualités, catalogues de v