Depuis cinq siècles, l'action politique a eu pour objet l'institution et la consolidation de la souveraineté, tandis que la philosophie politique structurait ses principes de gouvernement à partir de ce concept : penser la politique c'était penser la souveraineté. Or la souveraineté, née en Europe, forgée à travers les guerres qui donnèrent aux peuples le sentiment de leur particularité, s'y achève sous nos yeux, en une Union des peuples fondée désormais sur la paix, à la suite d'un génocide suicidaire. Pour penser l'achèvement, la philosophie politique ne saurait plus se contenter de répéter ses affirmations communes sur la volonté du peuple, l'indivisibilité de la république, la dictature du prolétariat et les droits de l'homme. Aucune n'a pu fonder l'existence libre de la multitude : elles ont soit révélé dans l'histoire leur absolue contradiction en allant, parfois, jusqu'au crime, soit permis d'ouvrir le chemin de la vie libre sans être capables, cependant, de le tracer jusqu'au b
Date de publication17 mars 2005
CollectionNRF Essais
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché