Si la Lettre sur les sacrements de l’Église ne pose pas d’autre difficulté que celle de répondre avec douceur aux pamphlétaires grecs tenant l’usage latin du pain azyme pour contraire à l’Évangile, les deux traités qui la précèdent, autant Sur le péché originel et la conception virginale que Sur la procession de l’Esprit Saint, posent celle de la réinterprétation d’Augustin. N’acceptant pas que le péché originel fût placé dans la semence reçue d’Adam, mais gardant la thèse d’une condamnation des enfants morts sans baptême, le premier traité aboutit à l’absurde notion d’une « nature pécheresse », ce qui scelle l’absence de fondement des ajouts du Docteur de la grâce aux canons du concile de Carthage (418). Ignorant les décrets du pape Damase (382) qui faussèrent la portée du troisième article du concile de Constantinople (381) en remplaçant la parole du Christ sur « Dieu [qui] est Esprit » (Jn 4, 24) par la formule : « l’Esprit est Dieu », le second traité développe la conjecture l