Longtemps décriée par l'historiographie, la commende est souvent associée à l'image d'abbés cumulant les bénéfices monastiques dont ils tirent d'importants revenus, laissant derrière eux des communautés appauvries et des bâtiments délabrés. Généralisée à l'époque moderne, la pratique permet au roi de placer à la tête d'un monastère un abbé choisi par ses soins, sans vote de la communauté.
Réunissant des contributions de grands spécialistes, Édouard Klos propose de dépasser ces représentations simplificatrices. Au-delà des controverses, la commende n'est-elle pas une institution majoritairement acceptée dans le monde monastique, comme le cadre institutionnel convenu ? Quels enjeux politiques dessine-t-elle, entre faveur royale, stratégies nobiliaires et tensions internes aux ordres religieux ? Par nature lucrative, n'empêche-t-elle pas l'existence de « bons » commendataires, soucieux de la réforme spirituelle et de l'entretien de leurs monastères ?
Loin du disco