Préalable à toute histoire du sujet que l'on prétendrait mener sur la longue durée, la présente enquête part d'un fait textuel : l'invention de la substantivation « le moi » par Pascal, qui lui-même prend acte de l'expression cartésienne inédite d'ego ille. Le moi n'est pas un donné premier et intemporel, mais résulte du doute porté à son point extrême — c'est pourquoi l'Antiquité et le Moyen Âge l'ont ignoré. Aussi la présente enquête ne s'inscrit-elle pas dans la continuité des études sur les commentaires du De Anima. Elle ne se confond pas davantage avec celles des origines de la subjectivité puisque, avant même d'être déterminé comme sujet, c'est-à-dire comme fondement, le moi est obtenu par le travail de ce que Husserl appelle réduction phénoménologique. Le moi n'est donc identifiable ni à l'âme, ni à l'entendement, ni à la conscience, ni à l'individu, ni à la personne, ni même au soi. Et ce n'est qu'en le distinguant de tous ces avatars que l'on pourra répondre à l'interrogation
Date de parution19 mai 2021
Date de publication19 mai 2021
DistributeurDILISCO
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché
Marque EditorialePUF
Livre de pocheOui
Notes bibliographiques
Vincent Carraud Titulaire de la chaire d'histoire de la philosophie moderne à la Sorbonne et directeur de l'équipe de recherche Métaphysique : histoires, transformations, actualité, Vincent Carraud a