Il est courant de déplorer la perte d'un horizon politique fédérateur apte à mobiliser les membres de nos sociétés dans la poursuite de l'intérêt général. Entre autres responsables de la dissolution du lien politique et de l'affaiblissement du devoir civique, est convoquée la philosophie libérale dont la portée individualiste aurait rendu inconcevable le sacrifice des intérêts particuliers au nom de l'intérêt général. Il s'agit d'éclaircir cette critique en montrant que la reformulation moderne du bien commun par le libéralisme a surtout introduit une indétermination qui rend compte de la difficulté pour ses membres à s'y rapporter. En vertu du droit de chacun à poursuivre ses propres buts, l'intérêt général peut aussi bien désigner la protection des droits que la satisfaction des intérêts particuliers. Or ces deux finalités sont non seulement distinctes mais peuvent également entrer en conflit, comme le révèlent aujourd'hui les débats autour des objectifs de l'Union européenne ou ceux
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Forme de produitLivre broché / livre de poche broché