A la fin des années trente, dans un Japon allié des nazis, un homme parcourt Tokyo, s'arrête dans les bars d'hôtel, séduit les femmes, corrompt les fonctionnaires, boit et mange, vocifère et engueule. Physique d'athlète, démarche que l'alcool rend incertaine, visage buriné par les nuits blanches, ses amis l'appellent Herr Doktor. C'est le héros paradoxal et tourmenté de ce roman. Correspondant au Japon de la Frankfurter Zeitung, intime de l'ambassadeur d'Allemagne, et plus encore de sa femme, au courant de toutes les opérations militaires, il est aussi, dans un secret fiévreux et toujours menacé, le responsable d'un réseau d'espionnage au service de Staline. « Spionen » ! Le jour, il divertit son public. La nuit, communiste dans l'âme, doutant de tout sauf de sa foi dans le triomphe du stalinisme, il envoie des messages cryptés à Moscou, depuis Tokyo rouge d'alcool et blanc de neige. Jusqu'où va son influence ? Combien de temps encore parviendra-t-il à se jouer des nazis, à tromper les