Porté par le succès de L'oiseau, L'insecte, tiré d'emblée à 8000 exemplaires, paraît le 17 octobre 1857 chez Hachette. Le livre relève une gageure, celle de s'intéresser à des créatures mal-aimées et effrayantes, moins connues aussi, ce qui pouvait en revanche susciter la curiosité. Comme dans l'Oiseau, les connaissances scientifiques sont exposées d'une façon qui laisse place à l'interprétation métaphorique : l'insecte est ce travailleur chargé d'outils (pinces, scies) avançant souvent en légions innombrables qui comme le peuple, et pour la même raison, parce qu'on le connaît mal, peut faire peur. Si les masses, selon la conception de Michelet, font l'histoire, les insectes (ces « multitudes infimes ») font le globe : il insiste sur la fonction essentielle de l'insecte dans le cycle de la nature. « Cet imperceptible constructeur » est aussi l'épurateur, celui qui transforme toutes les matières en décomposition. Il a donc un lien privilégié avec la mort, et par là avec la renaissance.