Le 3 juin 1835, un jeune paysan normand, Pierre Rivière, égorge sa mère, sa soeur et son frère avant de s'enfuir. Arrêté le mois suivant, il rédige, dans l'attente de son jugement, un Mémoire d'une cinquantaine de feuillets pour expliquer son geste. Condamné à mort, puis gracié, c'est-à-dire emprisonné à vie, il se suicide dans sa cellule en 1840. De cette affaire, il nous reste ce Mémoire très détaillé, redécouvert au début des années 1970 par Michel Foucault qui, entouré d'une petite équipe, en produisit l'édition. Jeanne Favret-Saada avait participé à cette entreprise éditoriale, qui se refusait à toute interprétation savante pour laisser la pleine page au jeune homme. Dans le présent ouvrage, l'anthropologue revient sur ce qui s'est joué en 1835 - des élites donnant la parole à un "subalterne" que son acte jugeait d'avance -, mais en s'attachant au fond de l'affaire : quelle suite d'événements a conduit Pierre Rivière à ce triple meurtre ? Contre l'interprétation qui réduit ce Mémo
Date de publication26 février 2026
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché