Le mythe, c’est ce qui reste une fois que d’un texte, on a prélevé toute trace d’un autre texte. Ombre portée d’une parole oubliée, on l’obtient donc par soustraction. Ou par addition : par montage d’informations, d’entretiens. Le mythe n’est donc jamais là, donné, mais toujours fabriqué par le mythographe. Voilà à quoi conduit l’examen des plus grands maîtres en la matière : Griaule, Dieterlen, Dumézil. S’essayer, dans ces conditions, à construire une « mytho-logique » avec Lévi-Strauss, ou parler de « pensée mythique » comme beaucoup d’autres est donc proprement illusoire.
Mais même les esprits les plus critiques à ce sujet, Détienne par exemple, n’arrivent pas à renoncer à cette pseudo-notion. C’est donc que quelque chose demande encore à y être pensée, quelque chose qui n’est nullement propre à l’Autre (qu’il soit antique, petit-bourgeois, sauvage ou exotique), mais qui nous habite aussi bien : la narrativité comme mise en forme du divers sensible vers l’unité de l’entendement – ce
Date de publication15 mai 1998
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché