Adrien Finck voyait dans son roman Der Sprachlose (littéralement « L'Aphasique », publié en 1985) un « roman à caractère autobiographique », voire une « autofiction ». Deux personnages sont en son centre : le narrateur, né avant 1914 et témoin du drame, et François, né en 1930 (comme l'auteur) et malade à en mourir (todkrank) de cette forme d'aphasie imposée par l'Histoire.
L'Homme sans langue est bâti sur plusieurs jeux de contrepoint : entre l'autobiographie et des collages de textes variés, mais aussi entre les trois langues sous-jacentes au récit : l'allemand, l'alsacien et le français.
Le travail du narrateur se fait par « creusements » : « Je suis à la recherche des racines d'une vie, d'une oeuvre. Les autres moissonnent, moi je creuse. » Il y a d'emblée « l'inquiétante étrangeté » du lieu natal porteur d'un fantastique hérité du romantisme allemand. Aux immenses pertes humaines dues aux guerres successives, s'ajoute une perte plus profonde encore : la perte de la parole.
Dép
CollectionLES VIES IMAGINAIRES
LangueAllemand
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché