Camus analysait la révolte comme le sentiment qui assure la dignité de l'être humain. Parallèlement, l'indignation est le sentiment premier — à ce titre irréductible — qui révèle l'existence de la justice. On ne saurait s'indigner que devant une injustice réelle infligée à un être humain concret. L'indignation ignore les idées générales, seraient-elles généreuses, au profit des réalités singulières. Dans une société victimaire vouée à la compassion collective, nous risquons de perdre le sens profond de l'indignation. C'est pourquoi, à la suite de Dostoïevski et de Nietzsche, mais aussi de Tom Wolfe et de Philip Roth, il faut dénoncer les fausses indignations. Il est facile de reconnaître ces dernières qui permettent à chacun de se donner bonne conscience à peu de frais. Les indignations idéologiques, provoquées et feintes, sont renforcées par la pression médiatique sous une forme collective et restent indifférentes au sort réel des hommes. Ce sentiment ne révèle la dignité d'un être so
Nombre de pages299
CollectionBibliothèque du Cerf
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché