La comparaison des deux mondialisations libérales, la britannique avant 1914 et l’américaine depuis 1945, peut aider à comprendre comment la seconde pourrait éviter de trouver une issue comparable à celle de la première : la Grande Guerre de 1914, matrice des catastrophes du xxe siècle. Derrière les deux mondialisations il y a toujours la question de l’« hegemon » : hier entre l’Empire britannique et l’Empire allemand, aujourd’hui entre les Etats-Unis et la Chine. Deux guerres mondiales imputées bien à tort aux nations européennes elles-mêmes ont servi à justifier, depuis soixante-dix ans, leur mise en tutelle dans le cadre d’une construction européenne à la fois technocratique et inféodée. Afin de ne pas être marginalisée dans la nouvelle