Sans peur et sans reproche, Bayard incarne à la perfection les derniers feux de la chevalerie. Il est l’homme qui défend, seul face à une armée entière, le pont du Garigliano ; celui qui adoube François Ier au soir de Marignan ; celui qui, blessé à mort, trouve encore la force de tancer le connétable de Bourbon. Vraies ou fausses, ces anecdotes, relayées par les panégyristes de Bayard, sont entrées dans la légende. Depuis sa disparition et jusqu’à nos jours, le « bon chevalier » demeure un exemple que l’on cite aussi bien en France qu’en Angleterre, en Allemagne ou en Espagne.
Véritable figure européenne de l’humanisme guerrier, Bayard est peut-être le « dernier paladin » : abattu par un arquebusier, il n’a été protégé ni par sa vertu ni par son armure de plates. Il est en ce sens un flamboyant vaincu de la Modernité. Mais derrière cette armure, il y a un homme plein d’esprit, d’humour et de grâce, qui sait charmer autant