À qui profite la mondialisation ? À ceux qui la façonnent. À l’époque de la Carrera de Indias et du mercantilisme triomphant, les marchands accumulent de fabuleux bénéfices grâce à un vaste complexe monopolistique régissant le commerce colonial espagnol, que la monarchie hispanique a édifié au fil des siècles en concertation avec eux et à leur profit exclusif. Le démantèlement de
l’empire espagnol promet la création d’un marché libre et concurrentiel avec la proclamation de la « liberté de commerce ». Mais la réalité est tout autre. Capitaines de navires états-uniens, commissionnaires britanniques, armateurs bordelais, agiotistas mexicains ou boutiquiers français ne cessent d’exiger la protection de leurs intérêts par leurs gouvernements. Si aucune des grandes puissances impliquées dans cette lutte ne parvient à dominer totalement l’Atlantique hispanique, toutes tentent de biaiser les jeux de l’échange en faveur d