Intarissable d'éloges sur les bienfaits d'une éducation des filles bien tempérée, la société raisonneuse des Lumières renâcle à passer aux actes. La vie quotidienne dans les écoles de la capitale, bien pourvue pourtant en ce domaine pour satisfaire les aspirations de chacun selon ses moyens, ne brille guère par ses audaces novatrices. Inspirées et édifiées au XVIIe siècle par le souci de former de bonnes épouses et mères chrétiennes, les institutions éducatives féminines maintiennent toujours leur cap quand se lève le vent des Lumières. Déchiffrer l'abécédaire, apprendre son catéchisme, broder, dessiner, danser ou chanter, tout cela ne compose pour les jeunes filles qu'un piètre bagage, comparé à la culture reçue au collège par leurs frères. En se gardant bien de cultiver des femmes savantes, l'enseignement des filles les confine dans les destins traditionnels, domestique et religieux, de leur sexe. De la classe pour les filles du menu peuple jusqu'au pensionnat de couvent, réservé à c
Poids1 gr
Date de publication02 juin 1987
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché