Un squat, c'est une occupation forcée. Précaire, a priori illégale, parfois présentée sous un aspect politique – le squat apparaît quand on n'a pas de place à soi. Ce livre essaie de saisir les enjeux d'un lieu qui est resté inhabité après la célèbre « mort de l'Auteur », décrétée par Roland Barthes en 1967. Repoussé en tant que demiurge du texte, l'auteur est néanmoins réadmis par Barthes comme une sorte de fantôme maladroit, au nom du désir des lecteurs. Il a perdu son « A » majuscule et nombre de ses prérogatives. Mais comment réoccuper ce lieu lorsqu'on a été destitué de son pouvoir de propriétaire du texte ? L'auteur contemporain squatte cet édifice de façon hésitante, souvent ironique et fragmentaire – et pourtant toujours à la recherche de légitimité. L' « auteur-squatteur » est ici envisagé à travers l'oeuvre romanesque de trois écrivains européens : Enrique Vila-Matas, Gonçalo M. Tavares et Henri Raczymow bâtissent leurs oeuvres comme une réponse aux questionnement