Faut-il tout dire aux vents voleurs qui racontent aux alentours
tout ce qu'ils savent et inventent ce qu'ils ignorent ? Qu'importe...
Une double tension traverse ce recueil. Il y a d'abord une tension vers ce qui a été et n'est plus. Un amour, une vie, un être rencontré s'éclipse dans l'oubli. Le poème le retient, lui confère dans les signes de la page une existence de surcroît dans le présent. Et il y a une tension tournée vers ce qui advient. Non pas l'attention à ce qui n'est pas encore, mais la patience qui occupe l'espace entre le déjà-là caché et le présent découvert. L'attente est l'autre nom de l'espérance. Entre commencement et accomplissement, dans L'attente de la tour Réginald Gaillard veille et appelle la lumière de l'aurore qui mettra à nu les compromissions avec la nuit.
Tout s'effondrera et je contemplerai, devant moi, les ruines
chaudes et pleurantes d'un monde qui a