La France, pays le plus nucléarisé au monde, manifeste à l égard de
l atome un étrange paradoxe. Tout en frémissant d horreur à l évocation
de la bombe et des problèmes écologiques posés par l industrie
nucléaire, elle accorde un large consensus au nucléaire civil et militaire.
Où trouver les racines de cette attitude ? Est-ce la nécessité de
redresser le pays et de lui rendre sa dignité à la Libération qui a suscité
un enthousiasme général pour la science et la technique ?
Dès 1945, le « gaullisme technoscientifique » et le communisme militant
du prix Nobel Frédéric Joliot-Curie s allièrent pour fonder le
Commissariat à l énergie atomique (CEA), tandis que les journalistes
et les artistes vantaient en choeur les futurs bienfaits de l atome pour
l humanité.
À cette communion progressiste succédèrent bientôt l ère du soupçon,
puis de la défiance envers la « civilisation de la puissance » et l équilibre
de la terreur. Cette période où l atome n avait pas encore perdu
son innocence a prof
DistributeurHACHETTE LIVRE
Date de publication28 octobre 2015
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché