"Quelques mois après l'élection présidentielle de 2004, j'ai subi des pressions : je devais cesser de passer mon temps à critiquer l'administration Bush et les conservateurs en général. “Les urnes ont parlé”, m'a-t-on dit. Avec le recul, cette élection apparaît comme l'ultime exploit du conservatisme de mouvement avant sa chute. Quand Bush est entré à la Maison-Blanche, ce mouvement s'est enfin trouvé en mesure de contrôler tous les leviers du pouvoir, et s'est vite révélé inapte à gouverner, pratiquant des politiques contraires aux intérêts de la grande majorité des Américains : une poignée de super-riches et un certain nombre de grandes entreprises ont quelque chose à gagner à la montée de l'inégalité, à la suppression de la fiscalité progressive, à l'abrogation des droits de succession et de l'État-providence. Mais des évolutions de fond ébranlent leur tactique politique. La principale, c'est que l'électorat américain, pour le dire crûment, devient moins blanc. Les sondages suggèren
Marque EditorialeFLAMMARION
Poids445 gr
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché