Aussi curieux que cela paraisse, on prie peu Joseph au Moyen Âge. Ce vieillard au rôle guère reluisant, ni précurseur, ni apôtre, ni martyr, sollicite peu les fidèles et embarrasse les théologiens : que faire de son épineux statut d'époux de la Vierge ? Quelle paternité attribuer à celui qui a élevé le fils de Dieu ? À partir du XIVe siècle, Joseph sort de l'ombre : les franciscains débattent pour savoir s'il est le dernier des patriarches ou le premier des saints, et ils érigent l'humble charpentier en modèle pour tous les chrétiens. Au siècle suivant, alors que le Grand Schisme divise la chrétienté tout entière, que la France est déchirée par les rivalités entre Armagnacs et Bourguignons, c'est une véritable campagne de promotion en faveur de Joseph qui est lancée : à sa tête, Gerson, l'un des plus célèbres théologiens de l'époque, se dépense sans compter pour célébrer les noces de Joseph et de Marie, louer la paternité responsable de celui qu'il qualifie de "saint" et l'égaler, enfi
Forme de produitLivre broché / livre de poche broché