L'oeuvre de Jean-Paul Goux porte un témoignage essentiel sur la mutation historique qui s'opère en Occident à partir des années 1980. Avec ses Mémoires de l'Enclave (1986), il s'impose parmi les précurseurs, en France, de la littérature du réel contemporaine.
L'écrivain conçoit le récit en prose comme une « fabrique du continu » où résister à l'action dissolvante du Temps. Et c'est l'espace qui est le lieu où se dépose le Temps. Le jardin, la maison, la ville, le paysage sont là où se construisent des hommes et des femmes, des sociétés, des oeuvres. Les romans de Jean-Paul Goux déploient donc progressivement toute une anthropologie de l'acte d'habiter.
Cette première monographie dégage les lignes de force d'un projet d'écriture ambitieux, inscrit dans la durée. Il comprend également deux entretiens avec l'écrivain et un texte introuvable depuis des années, Les Lampes de Ronchamp, qu'on peut lire comme une clef de la poétique de Goux.