Jaume Plensa s’inscrit dans la longue tradition des sculpteurs catalans, dont il est aujourd’hui le premier représentant, qui ont pensé leur œuvre dans un dialogue entre mémoire méditerranéenne et universalité. Depuis plusieurs décennies, le sculpteur déploie sur la scène internationale un corpus qui interroge la condition humaine à l’échelle de l’espace public. Depuis la célèbre Crown Fountain du Millenium Park de Chicago jusqu’à son installation dans l’abbatiale San Giorgio Maggiore pour la Biennale de Venise en 2015, ses figures silencieuses traduisent dans l’espace une méditation profonde sur l’identité, la vulnérabilité et le langage. Corps tissés de lettres, alphabets entremêlés, visages aux yeux clos absorbés dans une intériorité dense : cette iconographie suggère que l’humain est un texte en devenir ; la création, un palimpseste de langues et de cultures. Après avoir découvert et aimé le Carré Sainte-Anne pour « l’intensité qui émane de ses murs, de ses pierres et