Entrée dans les collections du Louvre en 1800, "La Vierge du chancelier Rolin", peinte par Jan Van Eyck vers 1435, vient d'être restaurée. C'est un grand événement auquel le Louvre a souhaité consacrer une exposition et un livre afin d'y associer le public. C'est, en effet, une occasion unique de redécouvrir un chef-d'oeuvre aux multiples facettes, suscitant d'innombrables question : pour quel ou quels usages Van Eyck a-t-il conçu cette oeuvre si singulière, à l'intention de Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne, Philippe le Bon ? Pourquoi a-t-il peint à l'arrière-plan un paysage tellement miniaturisé qu'il en est - presque - invisible ? Quel dialogue l'oeuvre entretient-elle à la fois avec l'art de l'enluminure et les bas-reliefs funéraires sculptés ? Peut-on savoir comment les artistes du XVe siècle ont compris cette oeuvre ?
La Vierge Rolin condense les tensions qui traversent l'art flamand dans le premier tiers du XVe siècle, entre tradition médiévale et expérimentations r