Dans cet ouvrage, Myriam Yardeni envisage l'antisémitisme (et l'antijudaïsme et la haine d'Israël) comme un creuset dans lequel se déversent, depuis tout tems, des haines, des phobies, des résistances, des antagonismes, des déchaînements de sentiments et d'idéologies. C'est dans cet arsenal que chaque époque puise ce qui convient à ses besoins et verse de nouvelles composantes. Ainsi, ce n'est pas le christianisme qui donne naissance à l'antisémitisme, ni à la haine d'Israël ni à l'antijudaïsme, mais l'exploitation de l'antisémitisme joue un rôle décisif dans l'émergence d'une Europe chrétienne, qui se sert de la haine d'Israël pour se définir plus clairement et pour s'affermir d'une manière décisive. Avec l'apparition de la Réforme, les règles du jeu commencent à changer. Avec le retour aux Écritures Saintes, la sola fida et l'unité chrétienne éclatée, il n'y a pas de vérité absolue et indiscutable dans le domaine de la théologie chrétienne. Les premiers réformateurs, Luther en tête,