" Se pourrait-il qu'on soit assez borné, assez indifférent pour refuser de s'intéresser à la question de savoir comment et grâce à quel gouvernement l'État romain a pu, chose sans précédent, étendre sa domination à presque toute la terre habitée et cela en moins de cinquante-trois ans ? On peut sans doute éprouver une curiosité pour d'autres spectacles et d'autres genres d'études, mais trouvera-t-on rien qui soit plus profitable que la connaissance de cette période ? " Il n'est pas certain que, plus de deux millénaires après lui, on puisse, comme Polybe, traiter sans ménagements ceux qui négligent l'histoire de Rome ; il est pourtant assuré que les causes que l'historien assigne à sa grandeur - l'excellence de ses institutions - ne peuvent pas laisser indifférent le lecteur moderne, non plus d'ailleurs que le spectacle de la dégénérescence puis de la mort d'un régime " républicain " dont tous savaient bien alors que, comme tout corps vivant, il finirait par dépérir et se dénaturer.