« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d?enfants » : le mariage, dans le conte traditionnel, marque la fin de l?histoire. Que de clichés véhiculés dans cette simple formule ! Le bonheur est lié au mariage, et le célibat pourrait se résumer à cette quête ; comme le bonheur, l?état matrimonial se mesure au nombre d?enfants, surtout chez les princesses. Ce que dit explicitement, et non sans une touchante naïveté, la formule consacrée des contes, la littérature le manifeste depuis l?origine : le roman d?amour, les intrigues théâtrales, la poésie, les opéras mettent en scène des célibataires beaucoup plus souvent que des gens mariés.
Et pourtant, le célibat n?a guère inspiré les historiens? A l?inverse, le mariage, qui ne constitue pas un thème très fécond en littérature (à moins, bien sûr, d?être malheureux ou adultère), a été largement scruté par eux.
Le célibat peut devenir, et l?est de plus en plus souvent aujourd?hui, un état permanent que l?on ne songe pas à quitter. S